CRITIQUE. La visite de la Fanfare, Eran Kolirin (c’est son premier film!).
Avec Sasson Gabaï et Ronit Elkabetz.
Israël, 2006, 91 mn.
VO: arabe, hébreu, anglais.
Sortie officielle en France le 19 décembre 2007 (J-7!).
Avant-première à Paris lors des Rencontres Internationales du Cinéma du Forum des Images, le 2 décembre 2007 au Reflet Médicis, en présence du réalisateur.
Film et rencontre.
Ca commence comme un conte de fées…
“Un jour, il n’y a pas très longtemps, une petite fanfare de la police égyptienne vint en Israël… Peu de gens s’en souviennent. Cette histoire semblait sans importance…”
Les petites fées, ici, sont de simples musiciens perdus…
“L’idée m’est venue d’une image : un homme dans un uniforme de police, avec un air très strict qui, soudain, ouvre sa bouche et commence à chanter une chanson arabe. J’ai commencé à écrire à partir de cette image. Une apparence très sérieuse et pédante, mais avec un coeur qui bat à l’intérieur”. (Eran Kolirin, le 02 décembre au Reflet Médicis)
- La langue arabe, musique d’amour oublié(e)
A l’arrivée en Israël de la petite troupe, le bus que l’ambassade égyptienne devait avoir préparé pour l’accueillir n’est pas au rendez-vous. Elle va devoir se débrouiller seule pour prouver aux autorités égyptiennes, qui menacent de couper ses subventions, que cette petite fanfare a fait un triomphe en Israël. Le centre culturel arabe que nos huit musiciens doivent inaugurer se trouve à Petah Tikva, grand pôle industriel situé dans le centre du pays. Mais hélas… des problèmes de prononciation (le son “p” n’existe pas en arabe) les mèneront à Beit HaTikva, un petit village perdu, où il ne se passe jamais rien. Les questions de langue portent, dès lors, toute l’intrigue.
La langue arabe est, par ailleurs, directement présente plusieurs fois dans les dialogues. “Dites-moi quelque chose en arabe“, demande Dina, la propriétaire d’un petit snack-bar, à Tawfik, le chef de la fanfare. “Quelque chose, je ne sais pas… juste pour entendre la musique“.
Plus tard, Papi, un jeune israélien qui ne sait pas comment s’y prendre avec les filles, demande à Khaled, le tombeur de la fanfare : “Comment c’est [de faire l'amour]?“. Khaled répond: “Je peux te le dire, mais seulement en arabe“.
Enfin, Dina raconte à Tawfik les soirées avec sa mère et sa fille passées à pleurer devant les films égyptiens . “Nous étions toutes amoureuses d’Omar Sharif“, explique-t-elle. L’arabe est pour elle la langue de l’amour.
“Quand j’étais enfant, je regardais souvent des films égyptiens en famille. C’était très courant chez les familles israéliennes, au début des années 80. (…) C’était assez étrange, d’ailleurs, pour un pays qui passait la moitié de son temps en guerre contre l’Egypte et l’autre moitié, dans une sorte de paix froide et tout juste cordiale avec son voisin du sud”. (Note d’intention d’Eran Kolirin).
La langue, dans ce film, apparaît comme la principale raison (et illustration) de l’incompréhension entre deux peuples pourtant si proches. Ironie de la vie, des problèmes de langue se sont posés pour le film aussi : il n’a pas été autorisé à participer aux Oscars en raison de la trop grande quantité de dialogues en anglais… Langue neutre, c’est bien l’anglais qui, dans la fable d’Eran Kolirin, permet aux Israéliens et aux Egyptiens de communiquer, de partager, et de se rappeler leur proximité passée. Malheureusement, c’est vrai pour le film, mais pas toujours dans la réalité, car ‘La Visite de la Fanfare‘ a été boycottée en Egypte, au festival du Caire.
- Fable contre l’oubli d’une culture commune
“Beit HaTikva” signifie “la maison de l’espoir”. C’est un petit coin perdu en Israël, à l’échelle duquel l’Egypte est un paradis. Aucun point commun avec la ville de “Petah Tikva” (i. e. “une ouverture vers l’espoir”), si ce n’est l’idée “d’espoir”, fil conducteur du film.
Car en situant son conte dans un village appelé “La maison de l’espoir”, Eran Kolirin pose la question des possibilités de se retrouver pour deux peuples qui s’affrontent parce qu’ils ont oublié ce qui les unissait : la culture. Il est donc normal que cette culture soit au coeur du processus de retrouvailles :
-Possibilités de se retrouver à travers le cinéma:
“De nombreux films ont abordé la question de la paix que nous n’arrivons pas à obtenir, mais il semble que très peu de films posent la question de savoir pourquoi nous avons besoin de cette paix”. (Note d’intention d’Eran Kolirin).
-Possibilités de se retrouver à travers la langue:
“Israël a construit un nouvel aéroport, oubliant de traduire les noms des routes en arabe. Parmi les milliers de boutiques construites là-bas, ils n’ont pas trouvé de place pour cette étrange écriture incurvée qui représente la langue maternelle de la moitié de notre population”. (Note d’intention d’Eran Kolirin).
-Possibilités de se retrouver à travers la musique : Une scène magnifique montre les musiciens de la fanfare et quelques hommes du village israélien chantant en choeur du Gershwin, autour d’un repas. Surtout, le concerto non-fini de Simon-le-clarinettiste trouvera une fin grâce aux conseils d’Itzik, un habitant de Beit HaTikva : “C’est peut-être ça, la fin [de ton concerto] , juste comme ça, soudainement. Ni triste, ni joyeuse. Juste la solitude“, propose-t-il, humblement.
- Entre espoir et solitude
Le film d’Eran Kolirin est plein d’humour parce qu’il montre l’absurdité des situations que nous créons futilement. D’ailleurs, le spectateur ressent un certaine gêne à rire des situations parfois tragiques que présente le film.
“J’ai été très surpris de découvrir que mon film faisait tellement rire ! J’ai essayé d’être juste, précis, pour mettre en scène et transmettre au spectateur la tension qui existe entre les personnages. Et je pense que le rire des spectateurs leur sert surtout à évacuer la pression. Ils ne savent pas toujours comment réagir, alors ils rient”. (Eran Kolirin, le 02 décembre au Reflet Médicis)
La fable de Kolirin n’est, finalement, à l’image du concerto de Simon, ni triste, ni joyeuse. Une “ouverture vers l’espoir” sans aucun doute puisqu’après tout, les dernières images montrent les deux drapeaux, égyptien et israélien, côte-à-côte, en musique.
Une ouverture vers l’espoir, mais un constat de solitude, aussi.
Un constat de solitude, surtout.
Une solitude parfaitement illustrée par ce plan (un des premiers du film) :
Une solitude par ailleurs littéralement incarnée par les deux acteurs principaux, Ronit Elkabetz et Sasson Gabaï (ci-dessous) qui sont à eux seuls deux déserts.
L’un, veuf, vit dans la culpabilité de la mort de son épouse et de son fils. L’autre, vit seule, et rêve d’une nuit d’amour et de tendresse. Deux âmes seules. Mais une chose les sépare : l’espoir et le dynamisme de Dina contrastent avec l’absence d’espoir (mais non le “désespoir”) de Tawfik qui estime que la chose “la plus importante au monde est la pêche“…
Avec ‘La Visite de la Fanfare‘, Eran Kolirin a écrit une rencontre improbable qui se déroule comme un poème et qui rappelle en toute simplicité que oui, c’est bien l’espoir qui fait vivre…
Petite note de fin : On ne présente plus Ronit Elkabetz. Mais Sasson Gabaï, l’acteur principal, un juif israélien né en Irak qui joue le personnage de Tawfik, a été récompensé du prix de meilleur acteur aux “Oscars” israéliens et européens (et ailleurs…). Il s’agit d’un acteur que nous avions découvert en France au printemps dernier dans ‘Tehilim‘, de Raphaël Nadjari. J’espère, un jour -il n’est pas interdit de rêver- pouvoir dresser le portrait de cet acteur inoubliable en petit chef de fanfare Alexandrine… (prochainement sur Israël montre sa bobine…?)
Deuxième petite note de fin : A l’issue des Rencontres Internationales du Cinéma du Forum des Images, ‘La Visite de la Fanfare’ a remporté le Grand prix du Public et le Prix nouveaux regards.
>> Lire “Ce que la presse pense de la fanfare de Kolirin”
>> Lire “La Fanfare de Kolirin ne visitera pas les Oscars : problèmes de langue”










Merci pour ce bel article, j’ai vraiment hâte de voir le film
Oui d’autant qu’il y aurait encore plein de choses à dire mais on ne peut pas tant que le film n’est pas sorti, il faudrait pas tout raconter à l’avance
Mais c’est dur et frustrant de commenter et de montrer comme un film est bien… sans trop en dire pour ne pas gâcher le plaisir des spectateurs !
D’ailleurs la plupart des bandes annonce et des critiques de ciné ne s’embarassent pas avec cela !
A propos de bande annonce, je préfère l’extrait du premier message à propos de la visite de la fanfare que celle-là, même si les deux donnent une bonne idée du film.
[...] question de la langue, comme l’analyse le très bon billet de ce blog spécialisé sur le cinéma israélien, est d’ailleurs au cœur du film. Elle lui aura [...]
[...] Israël montre sa bobine ; [...]
En effet, un très beau film, généreux, drôle, délicat. Humain.
Il faut aussi voir l’autre film israélien sorti récemment : “Les Méduses”. Une veine très humaniste, également.
J’avais commis une petite note enthousiaste sur l’un et l’autre film, tant je les ai aimés…
http://espace-holbein.over-blog.org/article-14898113.html
http://espace-holbein.over-blog.org/article-14659981.html
Film super sans trop de dialogues il trouve la juste mesure. Les personnages sont attachants même si je connaissais pas le jeu un peu “brut” de l’actrice principale. Un fim très agréable que je recommande à tout le monde !
du pur bonheur, du chocolat noir intense, a la fois delicat et robuste, un gout d’espoir d’un re nouveau du cinema, ou trouver la chanson de la fin du film, merci
Je l’ai moi-même cherchée, cette chanson, Boumedienne. Mais malheureusement, je n’en ai trouvé aucune trace. Sur certains forums, on dit que la bande originale existe en CD, mais je ne l’ai pas trouvée… Désolée !
(et merci à vous tous pour tous vos commentaires!)
c’est vraiment un film de valeur. Et dire qu’il ne sera pas vu dans le monde arabe !… Je crois connaître un peu Israël – par ouie dire, je n’y suis jamais allé, pas plus en Palestine d’ailleurs ! – mais ce film m’a ouvert les yeux sur certaines choses, une étrange “nostalgie” (de la part de la société) israélienne pour son environnement immédiat notamment.
Oui c’est très surprenant, on ne s’attend pas à une telle vision de l’Egypte par des Israéliens ! C’est une des grandes réussites du film que d’étonner ainsi le spectateur, notamment avec ce paradoxe : ce sont les Israéliens, qui vivent pourtant dans un pays plus riche, plus occidentalisé, qui sont ici perdus loin de tout et de toute culture, et qui voient Alexandrie comme une grande ville où des choses se passent ! Et le réalisateur nous fait passer cela sans aucune mièvrerie ou “bonté exagérée” : lorsque nos musiciens annoncent qu’ils viennent d’Egypte, cela n’est pas bien reçu. On se moque tout le temps de leurs uniformes. Et à la patinoire, lorsque le jeune arabe, Khaled, dit son nom, la fille à qui il parle s’éloigne brutalement de lui. Mais c’est une fois dépassée ces réactions premières d’indifférence ou d’hostilité que les Israéliens retrouvent cette fascination pour ces musiciens Egyptiens, qui finalement sont beaucoup plus “riches” qu’eux.
Tout d’abord, le film “la visite de la fanfare” a une qualité rare : l’impression de bonheur simple qu’il procure au cours de sa projection persiste bien longtemps après. Son souvenir seul, procure un bien-être euphorique…
L’histoire est si simple, mais traitée d’une manière si originale qu’il est difficile d’analyser le pourquoi de ce plaisir qui se distille en vous…
La sympathie que l’on ressent pour certains des personnages participe beaucoup à ce plaisir. Cette jeune femme si volontaire, si provocante parfois, mais tellement attachante, nous communique son énergie, son désir de communiquer avec les autres.
Son attachement au personnage principal est déroutant, au début, et puis nous guide dans cette histoire si simple.
Simple, mais absolument non convenue : voici le résumé du charme de ce film.
L’affiche, attirante et intrigante – des musiciens en curieux uniformes, perdus dans un désert – exprime, à elle seule, tout le bonheur qu’on peut attendre. Il suffira de se laisser guider… Et nous ne sommes pas déçus, nous sommes comblés !
L’idée de départ du réalisateur, (voir ci-dessus, dans ce blog très intéressant) d’une personne en uniforme, rigide, et qui nous déconcerte par son chant, se concrétise devant nous : cette séquence est une conclusion admirable de ce film admirable !
Une bouffée de bonheur, tout simplement !
C’est vrai qu’on pourrait presque renommer cet article “La visite de la fanfare, en toute simplicité non convenue” !
Si je suis d’accord avec la “bouffée de chaleur” ou de bonheur qu’il laisse après l’avoir vue, je ne suis pas certain que ce soit le cas pendant l’ensemble de la projection. Bien que ne faisant jamais démonstration d’une grande intensité, le film se montre par moments ambigu, cruel, triste. Le musicien qui ne finira jamais son concerto, la famille qui se dispute incessamment, la patineuse qui repousse Khaled : autant d’instants de tension qui jettent un certain malaise durant le déroulement de l’histoire. Heureusement qu’on entend la fanfare à la fin du film !
J’ai vu le film..ah la la une petite merveille.
Je ne sais pas ce que l’on pourrait ajouter aux trés bonnes analyses et aux commentaires déjà présents ici.
Simplicité, générosité, découverte, rencontre, délicatesse, humour, finesse des sentiments…et musique comme langue universelle, comme lieu de re-connaissance.
Un film qui semble dépeindre la beauté simple et fragile du visage de l’Autre..de la perception d’une humanité partagée.
Je n’avais pas pensé à l’interprétation lévinassienne du film
. D’ailleurs je crois que l’uniforme militaire de parade nuit un peu à cette reconnaissance d’une humanité (et d’une culture) partagée ! Au début…
Bonjour Quentin,
“D’ailleurs je crois que l’uniforme militaire de parade nuit un peu à cette reconnaissance d’une humanité (et d’une culture) partagée ! Au début…”
D’accord, mais au début seulement alors !:D Le film ne tombe pas dans les ” bons sentiments idéalisés” les tensions sont perceptibles, mais au delà de ca, je crois que l’interprétation Lévinassienne se tient
ou est-ce une projection de ma part sur le film ?
Non non je pense que cela se tient assez bien, et je voulais compléter ce que tu disais et non le contredire (et oui cela ne nuit qu’au début… y compris chez le spectateur qui ne voit plus trop l’uniforme, ne s’en rend plus trop compte à la fin du film). L’interprétation “lévinassienne” est bien une “projection de ta part sur le film” mais je pense que cette projection se tient, se justifie
.
Hum hum (smiley qui rougit).
Au risque d’avoir l’air complètement inculte, je ne connais pas du tout la philosophie de Lévinas.
Si quelqu’un pouvait l’expliciter…
“Reconnaissance d’une humanité partagée”??? Qu’est ce que ça veut dire concrètement?
Et puis on sait jamais, si quelqu’un d’autre que vous, Alia et Quentin, venait à passer par ce blog (oui oui, j’y crois ! ), je suis sûre que des explications pourraient être utiles…
Merci !
Bonjour Yasmina,
Pardon, je n’avais pas véritablement expliqué.:S
L’aspect de la philosophie de Lévinas à laquelle nous faisions reférence c’est “l’expérience du Visage” telle qu’elle est décrite dans l’ouvrage ” Ethique et Infini” .
Seule la relation à Autrui constitue une “ouverture vers l’infini”, la métaphysique est donc liée de facon intrinsèque à l’éthique.En ce sens c’est la rencontre du visage de l’Autre qui constitue la seule expérience possible de véritable trenscendance.L’éthique n’est pas une ontologie, c’est la philosophie première à partir de laquelle les questionnements métaphysiques et religieux peuvent faire sens.
Le visage d’Autrui et le sentiment de la vulnérabilité de ce dernier rappelent le sujet à sa responsabilité totale envers l’Autre.Cette prise de conscience , cette “prise en otage” du sujet est ce qui définit sa subjectivité.
Levinas a ainsi établit un nouvel humanisme non plus fondé sur la raison, mais sur une lecture nouvelle de la Bible ( et du Talmud ).
Le visage d’Autrui, c’est “l’absolument Autre” qui est aussi Dieu.( cf Paul Ricoeur pour la Christianisme mais avec ne nuance fondamentale concernant la notion de responsabilité totale et désintéressée )
J’espère que cette explication est assez compréhensible :S si tu souhaites en savoir plus sur Lévinas voici quelques trés bons sites ( je pense ):
http://espacethique.free.fr/
http://www.levinas.fr/ ( institut d’études lévinassiénnes trés bon site même si beaucoup de ses fondateurs ont des positions qui me semblent parfois bien indignes de la beauté de la pensée de Levinas….mais ca n’engage que moi )
North American Levinas society : http://www.levinas-society.org/home.html
Hello,
Désolé de ne pas avoir expliqué de quoi je parlais davantage… Je ne pensais juste pas que c’était essentiel, et surtout ce que je connais de Lévinas se résume à ce qu’avait écrit Alia : “du visage de l’Autre..de la perception d’une humanité partagée” –> c’est en voyant le visage de quelqu’un que tu te rends compte que vous appartenez tous les deux à l’humanité (la mêmme humanité partagée)… et donc que tu ne peux pas le traiter n’importe comment, comme un objet : tu as d’emblée des devoirs moraux envers lui. Donc voilà, les Egyptiens ce sont les ennemis / inconnus jusqu’à ce qu’il y en ait un qui se pointe devant vous avec leur beau costume bleu et qu’il vous demande “would you please have the kindness to indicate me the arab culture center” ou quelque chose de plus compliqué encore… là tu te rends compte que vous avez vraiment un truc en commun
.
Quentin
Merci à tous les deux pour cette explication de la philosophie de Lévinas. Comme quoi un blog sur le ciné israélien peut amener à parler de toutes sortes de choses !
C’est fou !
C’est en tout cas une interprétation effectivement très interessante pour le film de Kolirin. L’Autre cesse d’être autre dès lors qu’il entre d’une façon ou d’une autre dans notre vie.
… sauf quand il est masqué par un casque militaire ou un foulard de guerre… où là il rentre dans notre vie mais juste comme un type (ennemi en l’occurence) et où on ne peut pas “accéder à notre humanité commune grâce à son visage”.
Un superbe film avec une humanité perceptible…
On est tous identiques quelle que soit notre race, notre culture ou notre religion avec nos espoirs, nos peines et nos bonheurs… alors pourquoi à cause de certaines personnes qui, pour leur seule soif de pouvoir, cherchent à nous dresser les uns contre les autres n’arrivons nous pas comme dans ce film à nous comprendre…
Un message d’espoir gâché par les derniers évennements…
…. here and so … ..
Ce week-end, j’ai revu pour la 4ème fois ce film qui me touche au plus profond. J’aime la finesse des dialogues, la nostalgie qu’ils contiennent et surtout ces “tonnes de solitude” qui sont celles de chacun d’entre nous face à nos peurs et nos désirs inassouvis.
C’est aussi un film qui contient des “moments”, des points culminants de poésie. Celui que je préfère, c’est la seconde ou Tawfik laisse tomber sa main et fait ainsi exploser la musique, symbole d’espoir bien sûr, mais aussi de bonheur et surtout de partage. Conclusion magique autant que magnifique.
A quand le prochain film de Kolirin en France ?