PRESSE. On s’y attendait, mais on est quand même content de l’apprendre : la presse est unanimement dithyrambique. On regrette cependant (vous verrez par vous-mêmes si vous cliquez sur les liens vers les articles complets) que les critiques aient trop mis l’accent sur l’aspect politique du film et pas assez sur son côté universel et poétique.
Libé : La partition politique de Kolirin
“Tout le monde a spontanément envie d’aimer la Visite de la fanfare parce qu’on adhère à son humanité et que l’on souhaite ardemment que l’histoire donne un jour raison à la vision du cinéaste, au parti qu’il prend et qui est le nôtre. Mais il faut aussi aimer ce film pour la beauté des corps qui s’y meuvent, pour l’aridité de ses paysages et pour la douceur différée, retenue et finalement épanouie in extremis de la musique que son titre promet”.
Télérama : La Visite de la Fanfare
“Lointains cousins des personnages de Jacques Tati, les membres de la fanfare provoquent le rire parfois sans le vouloir, mais jamais à leurs dépens. Et si le cinéaste fait son miel des quiproquos linguistiques et des situations de gêne, il est aussi habile à rendre palpable le fluide magique de certains tête-à-tête. L’émotion tout en retenue des scènes intimes semble alors répondre aux séquences comiques, discrètement burlesques. Le film doit beaucoup à ses excellents acteurs. Star en Israël, Ronit Elkabetz est une présence magnifique, douloureuse et sensuelle ; quant à Sasson Gabai, le chef de la fanfare, il offre ici un époustouflant numéro d’équilibre, entre sévérité et tendresse. Invite à un humanisme du quotidien, La Visite de la fanfare combine exigence artistique et ambition populaire. Une formule qui pourrait bien se révéler tonitruante”.
Le Figaro Madame : Faisons un rêve
“Le metteur en scène joue des contrastes, organise des rencontres improbables, avec un sens du burlesque d’autant plus efficace qu’il est extrêmement discret. Le beau duo plein de charme et de mélancolie entre l’exubérante Dina et le sombre Tewfik résume ce que ce premier film très original apporte de provocant et d’émouvant : un instant de communion réelle entre des êtres que tout sépare, qui ne se rencontreront plus, mais qui ont partagé le pain et le sel, la musique, l’âme”.
Le Monde : Fanfare perdue dans un Israël perdu
“Un film dont la douceur, exceptionnelle sous ces climats, fait d’autant plus de bien qu’elle n’occulte pas pour autant l’intelligence du regard critique”.
Cependant, je l’avoue, certains ont moins aimé (ils exagèrent : même Télérama a mis un petit bonhomme souriant ! ).
Chronicart : La Visite de la Fanfare
“L’ironie gentille et douce amère avec laquelle Eran Kolirin (dont c’est le premier film) montre cette fanfare de la police égyptienne échouée au milieu d’une petite ville israélienne sortie de nulle part, trouve en effet rapidement ses limites. Les saynètes, filmées frontalement comme des vignettes de vacances bizarres et décalées, n’ouvrent précisément au film aucune autre perspective que la pure tautologie de la problématique initiale. Ce surplace des personnages, qui apprennent si peu (mais un peu quand même) des autres, n’est jamais vraiment mis en scène dans la durée, l’enlisement sous toutes ses formes ou dans la névrotique répétition du même (le gag récurrent du téléphone qui ne débouche sur rien). Pour une raison simple qui tient au désir de ne violenter ni son sujet ni le spectateur”.
Et si mon avis vous intéresse : ‘La Visite de la fanfare’, en toute simplicité







ca donne vraiment envie de voir ce film fable
merci de ce beau travail
Je n’avais pas lu la critique “Chronicart” la première fois, et j’avoue la comprendre assez mal. Ce n’est pas juste que je ne suis pas d’accord, c’est que je ne vois pas trop où ils veulent en venir, ce qu’ils reprochent au film, concrêtement. D’être trop consensuel ? Et c’est quoi au juste la “problématique” initiale du film ? On dirait, comme tu disais, qu’ils ont uniquement pris le film dans une perspective politique, de question politique. Mais c’est un peu réducteur de voir un film israélien comme une dissertation (avec son angle particulier) sur le conflit…
Les autres critiques sont intéressantes (moins que la tienne, mais bon :p).
. Mais ils ne peuvent pas s’empêcher de mettre des références qu’on ne connaît pas, dans leurs critiques, télérama !
J’avais été surpris de voir dans télérama qu’ils avaient aimé
Pour chronicart, je suppose effectivement qu’ils reprochent au film de ne pas prendre parti clairement. De ne vouloir mécontenter personne. Or, c’est faux : un film boycotté dans deux pays c’est un film qui adopte une position. Enfin, je pense. Pour ce qui est de savoir si un film doit être politique ou non, je renvoie les chers lecteurs de ce blog à mes sondages : alors? le ciné doit-il être politique?