(billet actualisé le 23 janvier 2008 à 20h24)
NEWS. Le 14 mai de cet année sera le soixantième anniversaire de la naissance de l’Etat d’Israël. A cette occasion nombreux seront les festivals qui attribueront une place particulière au cinéma israélien.
Le Festival de Berlin (Berlinale), du 7 au 17 février, présentera une importante sélection israélienne. Bien que le programme définitif n’ait pas encore été établi, le directeur du festival, Dieter Kosslick, a déclaré qu’il souhaitait “présenter plusieurs films israéliens. Ce seront des films israéliens et des films sur Israël qui se confrontent à l’histoire du pays” (d’après le site IsraëlValley). L’année dernière, le film israélien ‘Beaufort‘, de Joseph Cedar, avait remporté l’Ours d’Argent.
A Mons (Belgique), le Festival International des Films d’Amour (FIFA, du 8 au 15 février), célèbrera aussi cet anniversaire en diffusant plusieurs films israéliens ainsi que des films faisat référence à l’Etat hébreu. Voici la sélection israélienne :
-’Désengagement‘ d’Amos Gitaï, en avant-première.
-’La Visite de la fanfare‘, d’Eran Kolirin
-’Foul Gesture‘, de Tzahi Grad
-’Les Méduses‘, d’Etgar Keret et Shira Geffen
Pour finir, à titre indicatif et sans rester dans le domaine du cinéma, le Salon du Livre de Paris, qui se tiendra du 14 au 19 mars à la Porte de Versailles, mettra aussi la littérature israélienne à l’honneur avec près de 40 écrivains de langue de hébraïque présents (dont David Grossman, Amos Oz, et Etgar Keret, pour ne citer que les plus célèbres).







Merci pour ces informations, il me tarde le salon du livre
Est-il également prévu de fêter les 65 résolutions défavorables votées par l’ONU à l’encontre de cet Etat?
Autant faire d’une pierre deux coups pour cet invité d’honneur!
Bonne remarque. C’est d’ailleurs en quelque sorte le débat qui entoure les Salons du Livre de Turin et Paris qui recevront aussi une délégation d’écrivains israéliens. En ce qui me concerne, je pense qu”il faut savoir dissocier art et politique, d’autant que la majorité des artistes (réalisateurs et écrivains) israéliens qui nous arrivent en Europe utilisent leur art pour dénoncer le calvaire des Palestiniens et les crimes de l’armée israélienne. Il ne me semble donc pas judicieux de les boycotter.
Il est ici judicieux de souligner que le festival a pour thème ” Les 60 ans d’Israel”, ce n’est pas la célébration de la culture ou des arts judaîques qui sont visées mais bien l’existence d’un pays qui se dit être une démocratie juive (une théocracie donc…), et qui viole le droit internaional depuis sa création.
Il aurait été plus juste de célébrer la culuture judaîque alors… Mais ce n’est pas le cas, d’ailleurs S Perez est l’invité “d’honneur” à ce salon d’où l’enjeu profondément POLITIQUE de ce salon.
Ce film est un festival organisé par des juifs qui ont un lien très fort avec l’Etat hébreu, et avec des fonds israéliens (l’ambassade israélienne de Paris et l’Israel Film fund financent une bonne partie du festival).
Ils ne vont donc pas organiser un festival anti-israélien. Ca, c’est le boulot d’un autre festival : “Moyen-Orient : que peut le cinéma”, une biennale qui est organisée par Janine Euvrard avec des réalisateurs israéliens et palestiniens qui dénoncent les mêmes choses que vous dénoncez.
Vous pouvez regretter que chacun reste à sa place : les pro-israéliens d’un côté et les anti-israéliens d’un autre; chacun leur festival. Mais sachez que le festival Isratim, tout en étant plutôt pro-israélien, fait l’effort de diffuser des films qui sont tout sauf particulièrement sympathiques avec l’Etat hébreu : je pense à The Bubble ou Forgiveness qui faisaient partie de la programmation de l’édition 2007.
Merci pour votre contribution à ce blog. J’espère que vous continuerez à venir y donner votre avis.
Bonjour,
Sans vouloir ranimer un débat polémique ( ce que je fais peut être en postant néanmoins) je pense qu’il est trés difficile de savoir ou se situe véritablement le débat en ce qui concerne le festival du cinéma et le salon du livre.
Les positions des partisans du boycott de l’événement littéraire sont parfois plus qu’ambigues et semble tomber dans la simplification de questions complexes. De plus si on boycotte des écrivains Israéliens pourquoi ne pas boycotter les écrivains Russes ou Américains ?
D’un autre côté il est triste de constater que les arguments de ceux qui défendent ces manifestations culturelles ne sont parfois pas brillants non plus ( voir l’article de Marek Halter dans Le Monde ” Au secours on brûle les livres” que je trouve bien caricatural ..)
Tout parait indiquer que des influences communautaires aggressives entrent en jeu dans les diverses décisions et prises de position.Et c’est justement le piège que je pense utile d’éviter.
Je ne souhaite pas dévoiler mes opinions politiques ici ( non que cela soit un problème mais ce n’est pas le lieu ) mais ne jouons pas les hypocrites- des produits culturels Israéliens j’en consomme et cela m’intéresse, cela n’est pas lié à une solidarité politique, cela n’est pas lié à un lien d’ordre gouvernemental.Je pense que beaucoup sont aussi dans ce cas là.
Dans un climat ou les conflits perdurent, ou la violence s’accroit je trouve nécessaire de laisser parler les artistes, car lorsqu’elle n’est pas propagande , la littérature est le lieu d’une rencontre, d’une compréhension, d’une prise de conscience ( ? ), de l’expression de sentiments contradictoires et de paradoxes que tous peuvent ressentir.
Boycotter des écrivains..boycotter des artistes..comment cela peut-il aider les Palestiniens ?
Même politiquement cela ne tient pas ( au contraire)…pour des raisons évidentes liées à un trait fort de la société Israélienne.
Vous avez raison de souligner que l’événement est la célébration des 60 ans d’Israel, c’est un choix des organisateurs, c’est à chacun d’entre nous d’être conscients des raisons personellles qui nous mènent à prendre part aux événements et je pense qu’il est bon de s’en réserver le jugement intime, en dehors des cases prévues par les anti et pro boycott..dans les manifestations culturelles..qu’on nous laisse au moins la liberté de l’interprétation de notre présence à ces dernières.
Je m’interroge sur les utilisations du boycott dans l’Histoire. Y a-t-il eu ne serait-ce qu’une seule fois où cela a eu un résultat positif, efficace ? Peut-être dans certains conflits entre une colonie et son colonisateur, et encore (ce n’est pas la Boston Tea Party qui a libéré les Etats-Unis de Anglais…). Mais du boycott d’élections à celui de produits non éthiques (Total, les oranges israéliennes, les “nike” made in Vietnam…), je vois mal le résultat.
D’une manière générale, réfléchir ainsi à l’échelle d’un Etat ne mène pas très loin. Cf. le boycott des palestiniens arabes qui n’ont pas quitté leurs terres et qui ont la nationalité israélienne aujourd’hui. Une rencontre est probablement plus intéressante si Perez est là que s’il n’y a que des pro-palestiniens convaincus : pour avoir participé à ce genre de réunions, j’avoue les avoir trouvées peu enrichissantes peu tant au niveau du contenu que de la réflexion. Ecouter Perez parler ne veut pas dire lui serrer la main.
Boycotter l’art et la culture est peut-être le pire à faire. D’autant qu’aujourd’hui il y a de nombreux moyens de réagir à une culture sans payer une fortune (ce qui peut donner mauvaise conscience).
Et puis finalement comme cela a déjà été rappelé, les cinéastes israéliens ne sont quand même pas les chantres du régime ! Contrairement à Molière vis-à-vis de Louis XIV. A quand le boycott du Bourgeois gentilhomme ?! :p