(Ceci est un avant papier. Pour accéder directement à la critique du film, cliquer ici).
SORTIE.
Encore un premier film. Encore un succès. ‘My Father My Lord‘, (avec Assi Dayan) a remporté le Grand Prix au Festival de Tribeca (mais si ! C’est le festival de Robert de Niro !). Ce premier film de David Volach, sortira dans nos salles françaises le 23 avril prochain.
C’est l’histoire d’un homme, Abraham, qui a voué sa vie à l’étude de Dieu et qui tente de transmettre sa foi à son fils, Menachem. Inspiré de la vie du réalisateur, le film relate le quotidien de cette petite famille orthodoxe de Jérusalem dont la foi sera mise à l’épreuve au cours de vacances d’été au bord de la Mer Morte (le titre original, en hébreu, est “Vacances d’été”)…
“Dans ce film, je voulais explorer les fondements de la passion athée, qui sont acquis dès l’enfance : la curiosité naturelle avec laquelle on regarde la vie ; la façon d’appréhender les événements pour ce qu’ils sont, sans leur imposer un sens ; la capacité de reconnaître des émotions directement, sans s’imposer de discipline – un monde fait de merveilles. Par ailleurs, je voulais que ce film expose la perplexité des croyances, religieuses ou autres – ces idéologies qui nous dépassent – et qu’il montre leur maladresse, leur absence d’authenticité mentale et humaine. Je voulais mettre en doute tout ce qui peut nous faire plier sous le poids de la trinité impie : l’autorité, la discipline et le sens. », explique David Volach.
Note autobiographique du réalisateur :
“Je suis né dans une famille ultra-orthodoxe de Jérusalem. Chez nous, la foi était une activité active et prenante qui ne laissait pas beaucoup de place pour le reste.
J’avais 11 ans lorsque, encouragé par mes sœurs (…), je me suis lancé dans la mise en scène d’une pièce intitulée « Le pauvre tailleur », inspirée d’un livre pour enfants racontant les actions de Juifs pieux. A l’époque, on encourageait seulement les filles à s’adonner à la création artistique.
Cette seule et unique tentative a pris fin dès qu’elle a commencé. J’avais déniché pas mal de déguisements de Pourim dans un carton qui se trouvait dans notre grenier. Lors de la première répétition chez mon ami Boimel, j’interprétais bien sûr le rôle titre et j’étais assis, une chaussure à la main, prenant l’expression d’un vieil homme et murmurant des psaumes, comme dans l’histoire. La mère de Boimel bondit immédiatement sur moi, en se plaignant de ma diction : « Tu veux monter une pièce ? Personne ne va t’entendre ! (…) Tu dois regarder le public et parler fort, pour qu’il t’entende. »
J’avais le feu aux joues, sous le coup de l’insulte. J’ai toujours eu une voix rauque, même à l’époque et je n’avais jamais eu autant honte de ma vie. J’ai immédiatement annulé la pièce et j’ai abandonné mon rêve définitivement. Mon désespoir était total alors que j’avais porté un temps dans mon cœur l’idée de jouer le tailleur d’une façon si intime que je n’aurais jamais pu le faire parler assez fort pour que le public l’entende.
Au début de mon adolescence, je portais en moi mes aspirations créatives et le désir de me réaliser au travers de la religion et de la foi. Mais à la fin de mon adolescence, un long processus de laïcisation commença. D’autres tentatives artistiques me dévoraient – la peinture, l’écriture et la philosophie. A 25 ans, j’ai pris la décision de quitter la religion et je me suis installé à Tel Aviv en 1995 pour étudier le cinéma.”
>> Lire la critique de Variety sur ‘My Father, my lord’ (en anglais)







Merci pour ce bel article Yasmina.J’ai très très hâte de voir ce film.Pas seulement parce qu’il a l’air d’être un des films Israéliens les plus prometteurs de l’année mais parce qu’il explore la question de la croyance acquise, héritée, rejettée ( ? ), du doute, de l’autorité, du cheminement intérieur, de la recherche du sens ….bref des sujets d’importance, essentiels…que l’on croit au Ciel..ou que l’on n’y croit pas.
J’ai beaucoup aimé l’expression “la passion athée”. Merci de nous avoir fait découvrir le festival de Tribeca dans la foulée ! :p