INTERVIEW. Xavier Nataf, est le directeur de Judaïciné, l’association qui coordonne en France les différents événements liés au cinéma israélien, dont le festival de Marseille….
Neuf ans que ça dure sans s’essouffler. Le festival du film israélien de Marseille se déroulera du 18 au 24 juin au cinéma Les Variétés. Au programme, des avant-premières, des rétrospectives, une expo photo et des rencontres avec les réalisateurs…
Xavier Nataf est le directeur de Judaïciné, association qui coordonne en France les différents événements liés au cinéma israélien, dont le festival de Marseille.
- Comment avez-vous pensé la sélection du 9e festival en cette année du soixantenaire de la création de l’Etat d’Israël ?
Il va y avoir plusieurs conférences sur le thème “60 ans de cinéma”, mais pour notre festival cet anniversaire n’intervient que de façon anecdotique. On va continuer à faire ce que nous faisons depuis maintenant neuf ans : accompagner le développement d’un cinéma qui s’impose de plus en plus. Pour la sélection de cette année, nous avons cherché à présenter un maximum de films inédits tels que Noodle, Petits Héros qui est sorti en France mais pas à Marseille, ou encore Esquimaux en Galilée, qui est un film que j’aime particulièrement sur quinze vieillards abandonnés dans un kibboutz.
- La diffusion des films est accompagnée d’un certain nombre d’événements annexes…
Oui, nous avons surtout voulu créer une ambiance. Plus qu’un festival, nous avons voulu proposer une rencontre à travers débats, apéros, fêtes, exposition de photos, présentations musicales, etc. Plusieurs réalisateurs seront présents, tels que Ronit et Shlomi Elkabetz, ou Shemi Zarhin. Faire s’aligner des films ne m’intéresse pas. On veut que les gens discutent dans les couloirs, s’engueulent après les films et partent plus riches qu’ils n’étaient arrivés.
- Vous ne craignez pas que votre festival n’attire que la communauté juive ?
En tout cas, nous, ce qui nous intéresse, c’est d’attirer tout le monde. Même si c’est un festival soutenu par un certain nombre d’associations juives, les cinémas d’art et d’essai de Marseille mettent aussi la main à la patte : ils financent, hébergent le festival et font partie du comité de sélection des films. Donc nous, on a voulu dès la première édition nous adresser à tous les Marseillais, leur présenter la cinématographie d’un pays et permettre à ceux qui viennent, de connaître la société d’un pays, comme on le ferait pour le Japon, l’Allemagne… A la louche, je dirais qu’il y a environ 80 % de notre public qui n’est pas juif, et nous accueillons notamment beaucoup de musulmans de Marseille. C’est d’ailleurs ce qui crée des débats passionnants !
- Comment expliquez-vous que le cinéma israélien intéresse autant depuis quelques années ?
Je crois qu’il y a trois raisons objectives à cela. D’abord, la création en 2000 d’une sorte de CNC local. Cela a permis un meilleur financement, donc plus de films et plus de qualité. Et puis il y a eu aussi l’émergence de toutes les écoles de cinéma d’où la plupart des grands réalisateurs sortent. Enfin, il y a eu la renégociation des accords de coproduction entre la France et Israël en 2001 qui ont permis une plus large distribution en France. Sans compter que parallèlement à tout ça, la culture israélienne en général s’est beaucoup développée : des chorégraphes, des artistes, des écrivains. On est à un moment où, clairement, la société israélienne est en train de basculer ; elle devient plus ouverte, plus décomplexée.
Propos recueillis par Yasmina Guerda
Pour plus d‘informations : http://www.judaicine.fr







Est-ce qu’il existe en France des villes qui n’ont PAS de festival du film israélien ?
Je trouve ça fou le nombre qu’il y a !
).
En tout cas c’est marrant ce qu’il racontait sur le fait qu’à Marseilles il y a beaucoup d’arabes et donc que cela anime les débats
Salut Quentin
) MKL
Je viens de lire ton message. Je taffe depuis plus de 5 ans sur la création d’n festival du cinéma israélien à Strasbourg. Ce fut tres dur. Pas beaucoup d’interlocuteurs, aucun financements. Et cette année il y en aura un (sans moi). C’est surtout grace à la volonté d’une équipe du cinema star et de bénévoles. C’est bien de voir que les petits cinémas resistent et permettent de dépasser les préjugés formatés par le petit écran.
C’est clair que je trouve important que ce festival soit un trait d’union entre les communautés marseillaises (maghrébines, juives, laics, chrétiennes et plus si affinités)
Parce que notre époque à besoin d’échanges, de débats, de rapprochement. Le cinéma est un des derniers lieux où les hommes échanges une vision collective. Les festivals permettent ce partage. Moi, je serai à Strasbourg durant ce festival. mais si tu vas à marseille pour le festival tiens moi au courant pour savoir si c’était bien.
Merci pour votre message Mickael. Quand aura lieu le festival de Strasbourg? Et quels seront les films présentés? Je n’ai rien trouvé à son sujet et ce n’est pas faute d’avoir essayé !
Bonjour Mickael,
Je viens de me rendre compte que ma remarque pouvait sembler dénigrer ces festivals de cinéma israélien, et j’espère que vous ne l’avez pas prise ainsi. Je pense que le nombre et la taille de mes commentaires sur ce blog montrent que je suis loin de dénigrer le cinéma israélien
.
On imagine en effet assez mal la difficulté que c’est d’organiser un festival de cinéma. Je pensais que cela reposait surtout sur les cinémas eux-mêmes en fait… Bravo pour l’aboutissement de votre travail en tout cas ; et je suis certain que Yasmina sera ravie d’avoir des retours !
Quant aux festivals eux-mêmes (et autres manifestations du genre, avec les avant-premières, débats, etc.), je trouve cela une très bonne occasion pour voir des films… Mais d’une manière générale, j’ai souvent trouvé les discussions suivant le film un peu décevantes. Cela ne se passe pas toujours ainsi, mais régulièrement, les gens font des commentaires au lieu de poser des questions aux réalisateurs et acteurs qu’ils ont en face d’eux, dérivent vite sur des questions politiques qui n’ont rien à voir avec le film, ne s’écoutent pas, se crient dessus – lorsqu’ils ne s’énervent pas carrément contre le réalisateur ! A festival du film israélien de Paris organisé au MK2 Bibliothèque, Amos Gitai, qui avait pris la peine de s’exprimer en français, s’est même fait corrigé ses anglicismes par le public !! (et pas gentillement corrigé, quand bien même cela aurait pu être “gentil”). Mais les réalisateurs aussi peuvent être particulièrement cassants et donner l’impression d’avoir vraiment envie d’être ailleurs…
Je suis certain que le festival de Strasbourg, comme celui de Marseille (auquel je n’aurai pas la chance d’assister) ne tomberont pas dans les travers que je décris, qui correspondent finalement assez bien aux clichés que l’on peut avoir sur les festivals… parisiens
.
Quentin – parisien pour le meilleur et pour le pire :p
Apparemment il y a un festival du ciné israélien : à Montpellier, Avignon, Perpignan, Paris, Limoges, St Remy de Provence, Strasbourg, Nîmes et Marseille.
C’est monsieur Xavier Nataf de Judaiciné qui le dit…