NEWS. Les “Oscars israéliens”, les Ophirs, qui se sont déroulés mardi soir à Tel-Aviv, ont fortement récompensé le film d’Ari Folman, ‘Valse avec Bashir‘. Pas moins de six récompenses pour ce documentaire d’animation, parmi lesquelles Meilleur film, Meilleur réalisateur et Meilleur scénario.
Traditionnellement, Israël choisit le grand vainqueur des Ophirs à présenter au prix du Meilleur film étranger aux Oscars. Cette année, Israël sera donc représenté par ‘Valse avec Bashir‘. Néanmoins, l’année dernière, ‘La Visite de la fanfare‘ (Eran Kolirin), grand vainqueur des Ophirs et donc proposé aux Oscars, s’était -souvenez-vous ! - vu refuser sa candidature en raison d’un trop grand nombre de dialogues en anglais…
Aux Oscars, ‘Valse avec Bashir‘ sera aussi en compétition pour le prix de la Meilleure animation, mais pas le prix du meilleur documentaire – car l’Académie, peut-être encore un peu vieux jeu, a estimé que le dessin était en contradiction avec le principe du documentaire… Bref. Rendez-vous le 22 janvier 2009 pour connaître les nommés et le 22 février pour la 81ème cérémonie des Oscars.
Et pour en revenir aux Ophirs, un autre film s’est distingué : ‘Les Sept Jours‘, de Ronit et Schlomi Elkabetz, a reçu le prix du Meilleur second rôle féminin pour Evlin Hagoel et le prix de la Meilleure cinématographie. Le Meilleur premier rôle féminin a été attribué à la l’Israélo-palestinienne Hiam Abbas, pour son rôle dans ‘Les Citronniers‘ d’Eran Riklis.
Les autres films primés, ‘Lost Islands‘ (Reshef Levy) ou ‘Children of the Sun‘ ne nous sont malheureusement pas arrivés en France…
Sources : Variety et Jerusalem Post







Pas de raison que “Waltz with Bachir” ne puisse pas participer aux Oscars, à ton avis?
A priori non. Mais je trouve que leur argument pour lui refuser la compétition en tant que documentaire, est très très pauvre.
‘Valse avec Bashir’ a été tourné comme un réel documentaire. Les sons des témoignages sont authentiques : ce ne sont pas des textes écrits et dits par des acteurs en post-synchro.
Les dessins ont été ensuite faits et adaptés aux témoignages. Donc vraiment, le refus du titre de “documentaire” par l’Académie des Oscars me semble injuste et montre qu’il faut du temps aux institutions pour accepter ce genre de nouveautés.
Pour ‘La visite de la fanfare’, à la limite, le rejet était plus justifié : la catégorie que nous appelons “meilleur film étranger” en français, s’appelle en réalité “meilleur film en langue étrangère” en anglais (”best foreign language movie”). Donc, quand on sait que les dialogues du film sont à 70% en anglais… Ca peut encore se comprendre.
Mais je maintiens que ‘Valse avec Bashir’ est un documentaire. Et qu’est ce que ce serait sinon ? Une fiction ?
Je ne sais pas ce qu’en pensent les autres…
Ben c’est sûr que l’image c’est quand même la moitié du film, et l’image n’est pas documentaire. Donc je peux comprendre cette décision. En tout cas la bande annonce donne bien envie d’aller voir ce film, qui a l’air très original. Tu crois qu’il aura moins de chance dans la catégorie animation que dans la catégorie documentaire? (C’est vrai que l’année dernière, Persepolis n’avait rien eu, si ma mémoire est bonne).
Bah, en tant que documentaire, ce film est absolument lumineux : sur les massacres de Sabra et Chatila, les agissements de l’Etat major israélien, la façon dont les jeunes soldats vivent leurs missions, les guerres israélo-arabes, les problèmes que pose la mémoire…
Alors que, en tant qu’animation, je suis désolée de dire que ce ne sont pas, techniquement parlant, les plus belles images que j’ai vu de ma vie : on est loin d’un Miyazaki, d’un Disney, ou d’un Pixar…
Et oui, c’était selon moi le même problème avec ‘Persépolis’ (qui n’avait effectivement rien obtenu aux Oscars). Que l’on parle de la BD de Satrapi ou du film, ce n’est pas le travail artistique des dessins qui frappe d’abord le spectateur ! (je ne dis pas qu’ils sont moches, je dis qu’ils ne sont pas époustouflants).
Alors, concernant ces deux films, oui, on peut dire que les dessins (très particuliers dans l’un et dans l’autre) interpellent. On peut dire qu’ils sont adaptés aux sujets qu’ils traitent (surtout pour ‘Valse avec Bashir’, puisque le film traite d’inconscient et de mémoire et que dans notre inconscient et notre mémoire, les images sont souvent déformées et peu précises). Mais, selon moi, ça s’arrête là.
Voilà pourquoi je pense que, s’il fallait choisir, ‘Valse avec Bashir’ avait plus de chances en tant que documentaire qu’en tant qu’animation. Cela dit, rien n’obligeait à choisir : le film pouvait concourir dans ces deux catégories en plus de la catégorie “meilleur film étranger”.
Désolée pour la longueur de mes commentaires mais on touche ici à un problème auquel on est souvent confronté, dans tous les domaines de la vie, dès lors que l’on tente de ranger les choses, les gens, les créations dans des cases…
Merci à toutes les deux, Marie et Eve, d’être venues saluer la bobine d’Israël et y avoir laissé vos contributions… A très bientôt, j’espère.
PS : Eve, je vois par ton commentaire que tu n’es pas encore allée voir ‘Valse avec Bashir’ et je te conseille d’arranger ça au plus vite ! C’est de loin, selon moi, l’un des meilleurs films que j’ai vu l’année dernière et je vais beaucoup au cinéma !
C’est intéressant ce que tu dis, Eve. Mais tu penses vraiment que l’image est plus “vraie” parce qu’elle est filmée que parce qu’elle est dessinée ? Je pense que pour être déjà passée derrière la caméra, tu te rends compte à quel point un docu est “construit”… Je ne pense donc pas que le média qu’est le dessin animé soit par essence contraire au documentaire.
D’autant qu’il existe des docus avec très peu de son, alors pourquoi pas des docus avec très peu d’images filmées ? (il y en a quand même dans Valse avec Bachir, au passage, et ce n’est pas juste annecdotique….).
Dans un documentaire ‘ filme’ , le realisateur impose des choix tres particuliers au montage qui font sens. Le documentaire est une recomposition de la realite, qu’il soit dessine ou non ( il me semble ).
Je pense quand meme que la question de la realite de l’image se pose mais plutot dans le contexte de l’effet produit sur le spectateur.
Est-ce que le dessin introduit autre chose ? Est-ce qu’il y a risque de detachement par rapport a la violence de la situation decrite ?
Les dernieres images du film ne sont pas des dessins… cela introduit certainement quelques elements de reponse.
Le film lui meme est une reflection sur ces questions et le realisateur decide de briser le mirroir, de laisser s’echapper l’objectif…on parle quand meme de massacres et l’audience devait le ressentir.
Je me demande si le refus de l’academie n’est pas plus simplement liee au fait que certains personnages sont inventes et que ces derniers cohabitent avec les personnages-personnes reelles dans une sorte d’auto-fiction.
L’auto-fiction n’est pas autobiographie, meme si elle est inspiree de la biographie de l’auteur.
bonjour,
je viens de decouvrir votre blog par hasard. Je le trouve tres interessant.
Une precision, tardive certes, Valse avec Bashir est un docu-fiction d’animation. Excellent, d’ailleurs. On assiste a un eclatement du genre documentaire, et je trouve cela tres bien.
Merci pour votre blog, continuez, Arnaud
Merci Arnaud pour votre visite, votre message et vos encouragements ! A la prochaine !