ZOOM. Le film ‘Promesses’ (2001) a été projeté aujourd’hui au cinéma Le Méliès de Bayeux, à l’occasion du Prix des Correspondants de guerre (15ème édition). Traitant de l’enfance au Moyen-Orient, ce film qui a reçu l’Oscar du meilleur documentaire, a été présenté à plusieurs classes de troisième de la région.
“Les enfants ont aussi des choses à dire et personne ne leur demande ce qu’ils pensent. ” B. Z. Goldberg, un journaliste israélien expatrié aux Etats-Unis, est parti de cette constatation. Ainsi a-t-il décidé de revenir au Proche-Orient et de tourner un documentaire où enfants palestiniens et israéliens témoigneraient. Le documentaire a été tourné entre 1997 et 2000, avant la seconde Intifada, “dans une période de calme relatif“. La démarche est originale et mérite qu’on s’y arrête : les enfants porteront l’avenir du Proche-Orient et devront choisir demain entre guerre et paix.
Sept enfants ont ainsi été interrogés. Sur l’occupation. Sur les check-points. Sur l’armée. Sur Jérusalem et ses lieux saints. Sur leur quotidien.
Avant de prendre le bus qui les emmène à l’école, les jumeaux israéliens Yarko et Daniel, qui habitent à Jérusalem-est, affichent leur peur permanente. L’un d’eux confie : « Je m’attends toujours à une explosion. Les gens louches, je les surveille ». De l’autre côté, Faraj, qui habite le camp de réfugiés de Deheishe, en Cisjordanie, raconte la mort de son ami Bassam, 6 ans, lors de la première Intifada. Une balle perdue a eu raison de lui. Alors, il y a la peur, des deux côtés.
Des envies de vengeance aussi. Moshe, le petit Colon, n’a qu’une idée : “Je veux être commandant des armées. (…) Si je pouvais faire l’avenir, les Arabes déguerpiraient.” Et c’est la même obsession pour Mahmoud, petit habitant de Jérusalem-est, qui rêve pour son peuple de souveraineté sur la ville trois fois sainte. La guerre habite leur vie à tous, tous les jours et tous irrémédiablement craignent l’Autre.
Leurs parents leur ont transmis leur vision du conflit, leur vécu. Tel grand-père raconte comment la création de l’Etat d’Israël a sauvé le rescapé de la Shoah qu’il était. Telle grand-mère palestinienne transmet la clé et les actes de propriété de la maison de son village, rasé en 1967 par l’armée israélienne. Et le film montre comment la haine et la méfiance s’héritent ainsi de génération en génération. Aucun dialogue n’est possible.
Pourtant, lorsqu’un contact se crée, on comprend qu’une amitié est possible à travers le sport, les jeux, ou même un simple combat de rots (oui !). Le réalisateur parvient à organiser une rencontre entre quelques-uns de ces enfants. Un jour, des promesses. Deux ans plus tard, en raison des difficultés de communication entre Israël et les Territoires palestiniens, il ne reste plus rien.
C’est ici que s’arrête le film présenté aux collégiens aujourd’hui au cinéma de Bayeux. Il existe pourtant une suite à ce documentaire. En 2004, B. Z. Goldberg est retourné interroger ces enfants sur leurs opinions politiques. Beaucoup n’ont pas souhaité répondre. Les plus modérés se sont endurcis avec le temps et, contre toute attente, les plus radicaux se sont assouplis, abandonnant “l’envie de tuer” ceux qu’ils considèrent comme leurs ennemis historiques. On regrette donc que ce “bonus”, qui apporte un éclairage essentiel à ce documentaire, n’ait pas été présenté aux collégiens.







Merci pour cet article Yasmina. Je pense que ce film est en fait un des meilleurs sur ce conflit. C’est un film qui met en valeur l’Humanite partagee de tous les intervenants, une humanite prise en otage par la situation politique de la region. Je trouve tres forte la derniere sequence focalisant sur les bebes, il n’y a aucune difference entre eux et pourtant ils deviendront sans doute eux aussi des acteurs d’un conflit qui les depasse.
Le bonus montre que malgre la possibilite de vivre ensemble, cette situation qui s’enlise, coupe a vif toute realisation des promesses evoquees car elle empeche la rencontre avec l’Autre en dehors des stereotypes.
bonjour,
j’ai cherché un lien pour contacter l’administrateur de ce site, mais ne l’ayant pas trouvé j’envoit par commentaire mes questions.
je suis étudiante en cinéma à l’université de Lille, et je dois rédiger un dossier sur le cinéma israélien, mais il me manque des informations concernant l’économie de ce cinéma, à savoir le mode de production de ces films et le mode de diffusion et de tournage, depuis ses débuts à nos jours,
si quelqu’un aurrait des informations, merci de me contacter,
cordialement,
charlotte M
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