SONDAGE. Bon, je sais, habituellement, je vous dis ce que j’ai pensé d’un film d’abord et ensuite, vous, vous me dites ce que vous en avez pensé.
Mais là, pour ce film un peu particulier d’Amos Gitai, vraiment très particulier, j’aimerais que vous commenciez… Aidez-moi à me faire une opinion…
Alors, Israélobobinautes, fans et détracteurs d’Amos Gitai, que vous a inspiré Plus tard tu comprendras ?







Bonjour, Yasmina, toujours un plasir de voir arriver votre “newsletter”. Est-ce vraiment un film d’Amos Gitai? C’est globalement, une adaptation du livre autobiographique de Jérôme Clément, et je dirais même, l’ayant vu à la télévision une adaptation télévisuelle” – donc, pas un film, en quelque sorte, pas d’Amos Gitai, et pas israélien. Bref, un produit télévisuel français, de qualité cependant. Il ne tient que par les acteurs, les actrices surtout – on voit souvent l’acteur- narrateur de dos, ou de biais et par la force de cette “anecdote” – de cette histoire intime dans la shoah. Les grands-parents juifs spoliés par les grands parents “aryens”. De la même veine pour moi que “le secret” de Grimbert, à la fois émouvant et profondément didactique, mais pas un projet artistique.
Quelle réactivité Hélène ! Ca fait plaisiiiiir ! Merci !
Pour ce qui est de l’adaptation “télévisuelle”, oui effectivement. Il a d’ailleurs d’abord été imaginé pour France 2, financé entre autres par Arte. Ce n’est qu’après un petit passage par le festival de Berlin, je crois, qu’ils se sont dits qu’ils pouvaient le sortir sur le grand écran.
Et encore !
Dans tout Paris, je crois qu’il n’est que dans une seule salle, et 13 en France seulement. Sans compter la diffusion la veille de sa sortie sur Arte qui a achevé de réduire l’importance cinématographique de ce film !
Et oui, vous avez raison, Hélène, c’est très proche du livre de Grimbert. Je n’y avais pas pensé.
Le jeu des acteurs est effectivement très bon. Mais j’ai trouvé les dialogues parfois d’une facilité affligeante, non? Très prévisibles.
Enfin, bref, non, j’ai l’impression que ce n’est pas du très grand Gitai. Mais je n’en suis pas encore sûre. J’ai peur d’être passée à côté.
Je ne peux pas voir le film…….ahhhhh !!!!!!!
Ce film ne m’a pas du tout “touché”. Il est trop didactique, trop mécaniciste dans sa volonté de présenter des “faits” et non pas des sentiments et de l’affect ; et le retour en flash-back historique est très anectodique.
Bref, un film “commun”.
Et l’on est très loin de la splendeur des anciens films israéliens de GITAÏ comme ALILA ou encore KEDMA, où les messages historiques et/ou philosophiques sur la guerre, l’amour, les caractères des personnages étaient profonds.
Mais je m’attendais un peu à cela !!
Je l’ai donc quand même regardé puisque c’était sur Arte et que c’était gratuit !!
Comme tu vois, Alia, c’est unanime : tu ne rates pas grand chose…
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j’ai bcp aimé ce nouveau film de Gitaï. Pas facile pour un réalisateur étranger de s’aventurer sur ce terrain historique franco-français, dans un cadre de production franco-français. C’est un exercice difficile et rare, réservé aux plus grands (dernier exemple en date : “Caché” de Michael Haneke, en 2005, avec J. Binoche et D. Auteuil, film qui possède des similitudes avec celui-ci).
Il y a une excellente adéquation entre les éléments hétérogènes qui composent ce film. L’analyse minutieuse de données socio-historiques stratifiées et occultées,(habituellement dans un cadre israélien), sont une des spécialités de Gitai. L’importation de certaines figures de style chères au cinéaste (en particulier, la partition des espaces domestiques, et une caméra qui les traverse et les réunit en de longs travellings) dans des appartements parisiens, est magistrale. Gitai qui connait bien la France (il y a longtemps vécu), fait également preuve d’une grande aisance avec ses acteurs français, tous remarquables.
Le cadre de production modeste (un téléfilm pour Arte) ne joue pas en défaveur du film, au contraire. Les dispositifs de mise en scène sont simples mais efficaces; ils font émerger l’aspect “moderniste” du cinéma de Gitai, en particulier la façon dont les voix des témoins faisant le récit du passé peuvent d’un seul coup remplir entièrement l’espace présent…. à mon avis, l’un des meilleurs films du réalisateur!
Hélas, je n’ai pas aimé ce film que j’ai trouvé profondément ennuyeux alors que j’avais beaucoup aimé “Le secret”. J’avais vu quelques films de Gitai et les avais appréciés pourtant.
finalement, si vous avez pas compris le film, il faut certainement attendre un peu: “plus tard tu comprendras mon enfant”
Bonsoir,
Je trouve qu’il y a de l’abus dans des commentaires si peu attentif à une qualité cinématographique déployée dans ce film.
Comme le rappelle ‘frankie’ : c’est un film modeste, qui se contente de dispositif simple et très efficace. Ce fameux travelling dans la maison s’opère dans chaque circonstance durant le film, on est aux aguets, on change de pièce, on y revient, on en ressort. Jeanne Moreau est traqué au moindre recoins de son appartement, son fils (Hypolite Girardeau), comme le cinéaste, la traque, il la poursuit, lui impose de revenir sur ses souvenirs; sage au début du film (assis à table avec un peu de toux), il finit par véhiculer dans cette appartement et opère un transfert, et se mais à traquer sa soeur à la place de sa mère.
Ce film est un film où le silence a autant de profondeur que de long dialogue, il y a une architecture dans les sonorités de ce film qui ne permette jamais aux spectateurs d’échapper à la tension mise en exergue. Au début du film, Jeanne Moreau ouvre la fenêtre pour ne plus entendre le jugement de Klaus Barbie, pour essayer de respirer un nouvel air, un air autre que celui qu’elle rumine depuis la libération, rien y fait, elle ferme la fenêtre, enferme la télé dans une pièce, s’en va de cette pièce, mais le son persiste, comme un bourdonnement. Ce bourdonnement est celui d’une mémoire dont elle ne veux plus parler.
Enfin ce film se structure autour du souffle, qui existe dans la véhiculation des personnages dans un même espace comme dans une même famille. Ce film vient extirper les derniers souffles du souvenir de la shoah, au pris du dernier souffle de la mère de ce film.
Un travail de mémoire structuré autour du non-dit s’effectue sur chacun des personnages du film; il s’immisce jusqu dans cette subtile conversation autour d’un thé entre E.Devos et J.Moreau. Un travail sur le souvenir (entre le souvenir individuel -tout le long du film- et l’ouverture sur la responsabilité collectif -la scène de fin-) qui n’est une activité qui ne sera salvatrice pourpersonne (pas même son fils, qui continue de glaner les seuls informations sur le passé, seul, jusqu’à la fin).
Enfin aux travers d’un parterre d’acteurs qui ‘ne se la raconte pas’ (alors qu’il pourrait!), un film simple et délictueux défile devant nous au travers de sa lumière et de sa photographie automnale somptueuse (Merci Caroline Champetier!)
Je crois ne pas pouvoir cacher le fait que j’ai apprécié ce film.
Merci pour ce commentaire, ToMA. Vous avez raison de défendre ce film s’il vous a touché ! Nous avons sans doute été quelque peu sévères avec lui.
Bonne journée, et merci encore pour cette précieuse contribution !
A bientôt !