NEWS. Tel-Aviv a cent ans cette année. Et pour fêter ça, en partenariat avec la mairie de Tel-Aviv, le forum des Images propose une rétrospective cinématographique de la ville du 1er au 30 novembre prochains. Au programme, projections, tables rondes…etc.
Plus d’infos, prochainement, ici.







Bonjour,
Je me permets de vous livrer le communiqué de presse concernant le cycle thématique « Tel-Aviv, le paradoxe ».
« Tel-Aviv, le paradoxe »
Du 4 novembre au 6 décembre 2009
Après Berlin, Téhéran, Athènes, New York, le Forum des images organise un programme inédit. « Tel-Aviv, le paradoxe » appréhende la réalité d’une cité cosmopolite, moderne, qui vit à 100 à l’heure, mais qui est aussi plongée au cœur d’un conflit qui semble ne jamais devoir finir.
Surnommée la « Ville Blanche », la « New York du Moyen Orient » ou encore « La Bulle », son identité complexe et les contradictions qui l’animent imprègnent fortement une vie artistique au dynamisme étonnant. Le Forum des images a choisi de la mettre en pleine lumière, à travers notamment son jeune cinéma d’auteur, qui porte en lui ces paradoxes et s’en nourrit.
Pendant cinq semaines, le Forum des images propose un panorama unique : une sélection de 80 films, des rencontres et des débats en présence des cinéastes, Amos Gitaï, Ronit Elkabetz, Eytan Fox, Keren Yedaya, et des figures du cinéma israélien, comme l’actrice Gila Almagor.
Tables rondes, concert et installation vidéo élargissent ce tour d’horizon qui fait entendre la multiplicité des voix, des images et des passions suscitée par une ville peu ordinaire, située au cœur d’une région qui enflamme la planète.
Du 4 novembre au 6 décembre, le Forum accompagne, à sa manière, le centenaire de Tel-Aviv en proposant au public de découvrir 80 films, dont près de la moitié est inédite en France. Cette sélection multiplie les représentations d’une ville dont l’évolution sociale, économique et politique demeure singulière au sein même de l’histoire d’Israël. Elle révèle aussi la place importante de Tel-Aviv dans l’histoire du cinéma israélien, même si le réalisme sioniste des premiers temps n’en donne que peu d’images.
En s’affirmant comme le centre économique et culturel du pays, dans les années 60, Tel-Aviv devient une source d’inspiration pour les cinéastes et le lieu de naissance du mouvement moderniste de la Nouvelle Sensibilité, qui n’est pas sans ressemblance avec la Nouvelle Vague. L’évolution d’une société revendiquant plus fortement un mode de vie occidental, laïc et hédoniste transparait dans les films d’Uri Zohar (Les Voyeurs, Les Yeux plus gros que le ventre), de Gilberto Tofano (Etat de siège), ou de Judd Ne’eman (La Robe).
Comme l’illustre le focus que lui consacre le Forum des images, ce mouvement connaît plusieurs étapes jusqu’à la fin des années 80 : l’image d’une société harmonieuse et insouciante se lézarde (Lumière de nulle part de Nissim Dayan).
La guerre du Liban marque un tournant : le cinéma que l’on tourne à Tel-Aviv, désormais repliée sur elle-même, se peuple d’individus mélancoliques, sans illusions et qui tentent de se protéger de la violence politique du dehors (Bar 51 d’Amos Gutman, La Cage d’Amit Goren).
Tel-Aviv se vivrait-elle comme une bulle, à l’abri des réalités politiques du pays ? La programmation du Forum des images interroge comment les cinéastes des années 90 s’emparent des questions brûlantes qui agitent la société israélienne.
Pas un film qui n’évoque la menace des attentats (Avanim de Raphaël Nadjari) ou des agressions pendant la guerre d’Irak (Le Chant de la sirène d’Eytan Fox, Autour de Yana d’Arik Kaplun). La pression du service militaire (Alila d’Amos Gitaï), les tensions entre communautés au sein de la ville (La Vie selon Agfa d’Assi Dayan) ou encore l’arrivée massive de travailleurs étrangers (Janem Janem de Haim Bouzaglo) sont aussi les sujets dont les cinéastes s’emparent, dans les années 90.
Sans se départir d’un cinéma politique, les films produits ces dernières années se recentrent sur des questions liées à l’intime, à la famille (Prendre femme de Ronit Elkabetz) ou à la précarité dans les grandes villes (Année zéro de Joseph Pitchhadze).
En confrontant toutes ces œuvres entre elles, « Tel-Aviv, le paradoxe » est une immersion inédite au cœur du cinéma israélien et l’occasion de donner la parole à ses auteurs, en les invitant à débattre avec le public, lors des projections.
Ainsi, du 6 au 8 novembre, le Forum des images accueille Eytan Fox, qui vient présenter ses films (The Bubble, Yossi et Jagger, La Perm, Le Chant de la sirène, Tu marcheras sur l’eau) mais aussi ceux qui ont influencé son travail.
Amos Gitaï est aussi à l’honneur, dimanche 15 novembre : les projections de Alila et Devarim se déroulent en sa présence et sont suivies d’un débat.
Du 25 au 27 novembre, le Forum des images est heureux de recevoir Gila Almagor, actrice majeure du cinéma et du théâtre israélien, pour retracer avec elle un parcours talentueux, qu’illustrent cinq films : de Etat de siège, réalisé par Gilberto Tofano en 1969 jusqu’au récent film de Dan Volman, Les Mains liées.
Le Forum des images donne aussi un coup de projecteur sur d’autres figures féminines emblématiques du cinéma israélien. Actrice reconnue, Ronit Elkabetz est aussi cinéaste. Elle vient présenter les deux films qu’elle a réalisés, Prendre femme et Sept jours, mercredi 2 décembre.
La venue de Keren Yedaya permet de prendre la mesure d’un cinéma militant : les projections de Mon trésor et de Jaffa, en sa présence, invitent au débat (les 5 et 6 décembre).
A leur côté, le Forum des images accueille, Michal Bat-Adam qui a ouvert la voie à cette jeune génération de réalisatrices et dont fait partie Hagar Ben-Hasher. Toutes les quatre sont réunies autour d’une table ronde « Les femmes israéliennes à la caméra », jeudi 3 décembre.
Parmi ses invités, le Forum des images réserve une place de choix aux réalisateurs de demain en faisant découvrir trois écoles de cinéma aux approches très différentes : Minshar For Art, le département cinéma de l’université de Tel-Aviv et Ma’aleh School. Leurs directeurs viennent faire partager la vitalité de cette jeune création (du 2 au 5 décembre). Elle est aussi très présente dans le cinéma d’animation, comme en témoignent les courts métrages d’étudiants qu’Uri Kranot a choisis de présenter pour sa carte blanche (le 10 novembre).
Dans le prolongement de cette programmation, le Forum des images propose trois tables rondes aux aspects sociologiques et politiques. Ainsi géographes, historiens, journalistes, vont mettre en perspective la question identitaire de Tel—Aviv (jeudi 12 novembre), les origines de son urbanisme et de son architecture (jeudi 19 novembre) et sa position face au conflit (jeudi 26 novembre).
Le Forum des images élargit les frontières de son exploration en consacrant toute une soirée aux séries télévisées plébiscitées par les spectateurs israéliens et en accueillant une installation vidéo de quarante vidéastes. Le concert que donne le groupe Boom Pam, samedi 14 novembre, témoigne de l’effervescence de la vie culturelle de Tel-Aviv.
PANORAMA CINEMATOGRAPHIQUE
Les invités du Forum des images
Soirée d’ouverture en présence de Raphaël Nadjari (sous réserve)
mercredi 4 novembre
Né en France, Raphaël Nadjari réalise quelques films avant de partir pour les États-Unis. Il se fait remarquer avec I am Josh Polonski’s Brother, hommage à la série B des années 40, dans lequel on retrouve les thèmes chers au cinéaste comme la judéité et la famille. Il se rapproche de l’État hébreu avec Avanim qui décrit le quotidien à Tel-Aviv d’une femme éprise de liberté dans un pays marqué par les traditions Puis il tourne Tehilim à Jérusalem. Avanim ouvre ce portrait de ville, en présence de son réalisateur, tandis qu’Une histoire du cinéma israélien, sa dernière réalisation, est visible dans les Petits Salons de la Salle des collections.
Coup de projecteur sur Eytan Fox du vendredi 6 au dimanche 8 novembre
Un week-end composé d’un hommage et d’une carte blanche est consacré au jeune réalisateur, en sa présence, autour de Yossi et Jagger, La Perm, Tu marcheras sur l’eau, Le Chant de la sirène et le remarqué The Bubble. Alliant avec talent les sujets intimes et les questions politiques, Eytan Fox dresse un portrait original, à la fois romantique et politique, de son pays et de sa ville symbole, Tel-Aviv, mêlant dès son premier film ses thèmes de prédilection avec la réalité géopolitique.
Eytan Fox présente Corbeaux d’Ayelet Menahemi et Night Movie de Gur Heller, deux moyens métrages qui ont influencé son travail.
Amos Gitaï à l’honneur dimanche 15 novembre
L’œuvre d’Amos Gitaï, cinéaste incontournable, est riche d’une cinquantaine de films. Chacun d’eux pose des questions sur la réalité politique et religieuse d’Israël. Deux de ses fictions se déroulent à Tel-Aviv. Avec Devarim, premier volet de la trilogie des villes, il sonde l’état de la société israélienne et ses désillusions. Alila dépeint, de nos jours à Tel-Aviv, la vie d’une cour d’immeuble animée de personnages marqués par les réalités israéliennes (la Shoah, l’immigration clandestine, l’armée). Amos Gitaï vient présenter ces deux films.
Hommage à Gila Almagor du mercredi 25 au vendredi 27 novembre
Grande dame du cinéma et du théâtre israélien, Gila Almagor incarne des personnages émouvants de mère et de femme digne dans La Maison de la rue Chelouche de Mizrahi ou encore État de siège de Gilberto Tofano. Son itinéraire personnel reflète l’histoire du cinéma israélien, depuis Ervinka où elle joue une toute jeune fille dans les années 60 jusqu’à son rôle récent de psychiatre dans la célèbre série télévisée BeTipul.
Ses romans autobiographiques ont également inspiré des films dans lesquels elle incarne le rôle de sa propre mère rescapée des camps. Elle honore de sa présence les projections de État de siège, La Vie selon Agfa, Les Mains liées, L’Été d’Aviya et Sous l’arbre Domin.
Ronit Elkabetz les mecredi 2 et jeudi 3 décembre
Célèbre actrice et réalisatrice, Ronit Elkabetz est issue d’une famille d’origine marocaine immigrée en Israël. Remarquée pour ses premiers rôles, notamment dans Eddie King de Giddi Dar, elle a incarné tour à tour des mères et des femmes passionnées (Alila, Jaffa), ou une prostituée bouleversante (Mon trésor). Elle a également joué dans plusieurs films français.
Passée récemment de l’autre côté de la caméra, elle a réalisé avec son frère Shlomi Prendre femme (2004), inspiré de la chronique familiale, et Sept Jours (2007).
Ronit Elkabetz présente ces deux films et participe, avec Keren Yedaya, Michal Bat-Adam et Hagar Ben-Asher, à la table ronde « Les femmes israéliennes à la caméra ».
Keren Yedaya les samedi 5 et dimanche 6 décembre
Keren Yedaya est une militante féministe et politique, notamment contre l’occupation des territoires palestiniens. Ses films constituent un prolongement direct de son activisme.
Après le court métrage Lulu (1998) sur le thème de la prostitution, Mon trésor (2004) est son premier long métrage, récompensé par la Caméra d’Or au Festival de Cannes.
En juin 2009, est sorti Jaffa, une histoire d’amour entre une Israélienne et un Palestinien sur fond de tensions racistes.
Michal Bat-Adam jeudi 3 décembre
Michal Bat-Adam s’est imposée comme pionnière du cinéma féminin en Israël. D’abord actrice dans les films de son mari Moshé Mizrahi (La Maison de la rue Chelouche), elle a ensuite réalisé plus de 10 films (1001 femmes ; Aya, une autobiographie imaginaire). Souvent autobiographiques, ses films dépeignent avec intensité et sensibilité des rapports familiaux complexes, les amitiés et amours de femmes passionnées.
Hagar Ben-Asher samedi 5 décembre
Issue de la section cinéma de Minshar for Art, la jeune réalisatrice et actrice Hagar Ben-Asher a attiré l’attention des festivals internationaux en 2007 avec le court métrage Pathways. Elle offre un film troublant qui questionne la frontière entre sexualité et violence.
Les écoles de cinéma du mercredi 2 au samedi 5 décembre
Pour mettre en lumière la diversité du jeune cinéma israélien, trois grandes écoles sont à l’honneur : Minshar for Art, le département cinéma de l’université de Tel-Aviv et Ma’aleh School.
Alors que les deux premières sont situées à Tel-Aviv, la troisième, d’inspiration religieuse, est installée à Jérusalem. À elles trois, elles reflètent les préoccupations tourmentées des jeunes réalisateurs israéliens de demain, via trois séances de courts métrages aux sujets brûlants.
LES AUTRES TEMPS FORTS DU PANORAMA
Journée Nouvelle Sensibilité jeudi 5 novembre
Ce mouvement du cinéma d’auteur israélien a marqué les années 60 et le début des années 70. Il est analysé par Ariel Schweitzer, critique et historien du cinéma israélien, autour des films d’Uri Zohar (Les Voyeurs, Les Yeux plus gros que le ventre), de Judd Ne’eman (La Robe) et d’Avraham Heffner (Plus lentement).
Carte blanche à Uri Kranot mardi 10 novembre
Uri Kranot est l’invité du Forum des images pour une carte blanche consacrée au cinéma d’animation : une occasion unique de découvrir en sa présence les courts métrages qu’il réalise avec sa compagne Michal (The Heart of Amos Klein) et les films d’étudiants, issus de l’école Bezalel de Jérusalem.
Pleins feux sur les séries télé samedi 21 novembre
Les spectateurs israéliens ont récemment plébiscité un certain nombre de séries comme la fameuse En thérapie (BeTipul), Arab Labor, Le Brassage de Jérusalem ou encore A Touch Away.
En première partie de soirée, l’association Les Scénaristes en séries analyse une dizaine de séries israéliennes avant de diffuser des épisodes de En thérapie et A Touch Away dans son intégralité.
Soirée David Perlov dimanche 29 novembre
Les deux premières parties du Journal de David Perlov sont présentées par sa fille, Yaël Perlov. Tourné durant trois décennies, considéré aujourd’hui comme l’œuvre la plus marquante de l’école documentaire israélienne, ce journal cinématographique comporte six parties, au cours desquelles ce réalisateur attentionné a filmé inlassablement ses voyages, sa famille, son pays, sa ville, la politique.
Cinéma et religion mercredi 2 décembre
Depuis sa création en 1989, l’école de cinéma Ma’aleh School suit une ligne éditoriale particulière, puisqu’elle propose à ses étudiants de questionner leur rapport à la religion. Révélée en 2000 grâce au film Cohen’s Wife, elle accueille un public divers, aussi bien laïc qu’orthodoxe. Sa directrice, Neta Ariel, présente au Forum des images cinq courts métrages de ses étudiants.
Carte blanche à l’université de Tel-Aviv vendredi 4 décembre
La plus ancienne formation cinématographique d’Israël a été créée en 1972 avec des enseignants prestigieux comme David Perlov. L’université a formé quelques-uns des cinéastes israéliens actuels les plus intéressants comme Ari Folman ou Eytan Fox. Ceux de demain sont à découvrir grâce à six courts métrages que Reuven Hecker, directeur du département cinéma, vient présenter.
Panorama Minshar for Art samedi 5 décembre
Benjamine des écoles de cinéma, Minshar for Art est une école dotée d’une section cinéma dont les films sont souvent marqués par une certaine radicalité, à la fois formelle et politique. Parmi eux, les récents Pathways et Death of Shula ont particulièrement attiré l’attention des festivals internationaux. Ils font partie de la sélection qu’Oded Yedaya, directeur de Minshar for Art, vient faire découvrir aux spectateurs du Forum des images.
Focus sur Jaffa dimanche 6 décembre
Avec le film Jaffa, la réalisatrice engagée Keren Yedaya dépeint une situation tendue, entre Arabes israéliens et les autres habitants de la ville, séfarades ou ashkénazes. Racisme, violence, conflits identitaires révèlent que le passé de Tel-Aviv remonte régulièrement à la surface.
En présence de Keren Yedaya.